Le Tai chi est un art martial interne composé d’un enchaînement de mouvements effectués avec lenteur, continuité et attention. Le style Yang est un des styles les plus populaires et a été créé par Yang Luchan. Il est caractérisé par des mouvements circulaires amples et fluides, ainsi qu’une régularité dans l’enchaînement. Ses postures sont simples et adaptables à la souplesse de chacun. Elles amènent un bon ancrage et la prise de conscience de notre axe intérieur.

Sa pratique favorise le calme intérieur, la souplesse et la circulation du chi (souffle ou énergie vitale). C’est entrer dans la perception, celle du mouvement et celle de l’unité de notre corps, avec bienveillance et respect.

Selon la légende, c’est un ermite s’appelant Zhang Sanfeng qui  créa le Tai chi après avoir assisté à un combat entre un oiseau et un serpent. Fasciné par les mouvements ronds et fluides du serpent face à ceux saccadés de l’oiseau, il compris que la souplesse et la fluidité gagnent sur la raideur et la dispersion.

L’apprentissage du Tai chi demande engagement et persévérance, mais il procure dès le début bien-être et harmonie. Il favorise également la mémoire et l’équilibre.

 

Je pense à ce que me disait un indien Hopi :
“Marche doucement sur la terre, elle est sacrée”.
Apprendre à marcher doucement, apprendre à respirer doucement. Dans cette douceur nous devenons réceptifs aux êtres et aux choses.

(…)
Si dans notre vie quotidienne, nous laissons pénétrer un peu ces énergies de douceur et d’humilité, petit à petit nous entrons dans ce processus de transformation, de métamorphose.

Jean-Yves Leloup  “Un art de l’attention”

 

“Comprendre, c’est stocker de l’information, c’est déposer dans ton grenier un dossier de plus sur un tas d’autres dossiers plus ou moins consistants. Ce n’est pas suffisant. Ressentir, c’est aimer, c’est reconnaître intimement, c’est élargir ton être, c’est accorder ta propre vie à celle des autres vivants.                           
Ressentir en plus, n’exige aucun effort, aucune bataille. Il suffit de se laisser envahir. C’est infiniment simple. Je ne dis pas facile. Lâcher le mental ne l’est pas.”

Churla, chamane bolivienne, biographie publiée par Henri Gougaud

 

J’ajouterai que ressentir, c’est être présent. Observer et accueillir ce qui est là, sans jugement, chacun progressant à son rythme. Prendre soin de son corps, être à son écoute et entourer de bienveillance nos zones douloureuses et nos faiblesses (manque d’équilibre par exemple).
Avec une perception globale de notre corps, on peut donner un contenant à notre contenu douloureux et ainsi ne plus se focaliser que sur lui, comme me l’a enseigné Benny Cassuto. La lenteur des mouvements nous permet de respecter nos limites, tout en allant à leur rencontre.
Cela prend du temps. Il faut sans cesse repenser à notre posture, s’aligner, s’enraciner, rechercher la détente du corps et du mental, laisser notre corps s’assouplir petit à petit, unifier le bas et le haut, l’intérieur et l’extérieur pour finalement trouver la fluidité dans les mouvements.